"Je ne suis pas assez bien." "Je ne mérite pas." "Je suis nul(le)." Ces pensées semblent parfois tellement évidentes qu'on les prend pour des faits — des vérités sur soi-même. Elles ne le sont pas. Ce sont des croyances, construites à partir d'expériences précises. Et parce qu'elles ont une origine, elles peuvent être transformées.

D'où viennent les croyances négatives sur soi ?

L'estime de soi se construit dans l'enfance, principalement à travers les regards et les réponses des personnes qui nous entourent. Quand ces regards sont bienveillants, cohérents et nourrissants, l'enfant développe une base solide : "je suis aimable, je mérite d'être là, je suis capable."

Quand ces regards sont critiques, incohérents, absents ou blessants, l'enfant tire des conclusions différentes — non pas sur les adultes qui l'entourent, mais sur lui-même. Parce que l'enfant a besoin de croire que ses parents sont fiables, il préfère croire que c'est lui le problème.

Ces conclusions deviennent des croyances fondamentales — invisibles, automatiques, et très résistantes au changement par la seule volonté.

Les croyances négatives les plus courantes en EMDR

En EMDR, on travaille avec ce qu'on appelle des "cognitions négatives" — des croyances sur soi qui maintiennent la souffrance. Les plus fréquentes :

  • "Je ne suis pas assez bien / assez compétent(e)"
  • "Je ne mérite pas d'être aimé(e)"
  • "Je suis fondamentalement différent(e) / défectueux(se)"
  • "Je ne peux pas faire confiance à mon jugement"
  • "Je suis en danger / je ne suis pas en sécurité"
  • "Je suis responsable / c'est ma faute"
  • "Je suis impuissant(e) / je ne peux rien changer"

Pourquoi "se convaincre" ne suffit pas

On peut savoir intellectuellement qu'on est capable — et continuer à se sentir nul(le). On peut recevoir des compliments sincères — et ne pas y croire. C'est parce que les croyances négatives profondes ne sont pas logées dans le cerveau rationnel. Elles sont ancrées dans des mémoires émotionnelles — des expériences précises qui les ont installées.

Tant que ces mémoires ne sont pas retraitées, les affirmations positives glissent sans s'accrocher. C'est comme essayer de repeindre un mur sans avoir d'abord traité l'humidité qui le ronge.

Comment l'EMDR transforme les croyances

L'EMDR travaille directement sur les mémoires fondatrices des croyances négatives. Le protocole standard intègre systématiquement :

  1. Identification de la cognition négative — quelle croyance sur vous-même est activée par ce souvenir ?
  2. Identification de la cognition positive cible — ce que vous aimeriez croire à la place ("je suis suffisant(e)", "je mérite d'être aimé(e)")
  3. Retraitement du souvenir — la charge émotionnelle diminue, la croyance négative perd de son évidence
  4. Installation de la cognition positive — une fois le souvenir retraité, la croyance positive est ancrée par stimulation bilatérale — pas comme une affirmation volontaire, mais comme quelque chose qui se sent vrai
L'objectif n'est pas de vous convaincre que vous êtes parfait(e). C'est que la vérité — "je suis suffisant(e)", "je mérite d'être là" — devienne quelque chose que vous ressentez, pas seulement quelque chose que vous pensez.

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