"Je vais finir seul(e)." Cette certitude viscérale, née d'un manque de présence ou de soutien ressenti dans l'enfance, continue d'alimenter une peur chronique de la solitude. L'EMDR permet de retourner aux mémoires qui ont ancré cette conviction pour la transformer à sa racine.
La blessure
La blessure de l'abandon naît lorsque l'enfant perçoit un manque de présence affective ou physique dans son environnement — un parent absent, parti, malade, préoccupé, ou simplement peu disponible émotionnellement. L'enfant n'a pas manqué de nourriture ou de toit, mais il a manqué de présence.
Ce manque creuse une conviction profonde : "je ne peux pas compter sur les autres" et, symétriquement, "j'ai besoin des autres pour exister". Ce paradoxe — avoir besoin et ne pas faire confiance — est au cœur de la souffrance de l'abandon.
« La blessure d'abandon se développe lorsque l'enfant a manqué de soutien moral ou de présence d'un de ses parents. »
Lise Bourbeau — Les 5 blessures qui empêchent d'être soi-mêmeVous reconnaissez-vous ?
Le masque du dépendant
Pour éviter de revivre l'abandon, la personne développe le masque du dépendant : s'attacher, s'accrocher, tout faire pour ne pas être laissé(e).
Le dépendant crée de la proximité parfois excessive, d'une façon qui peut repousser l'autre — réalisant précisément ce qu'il craignait. Ce paradoxe douloureux se répète de relation en relation.
Souffrir visible permet d'obtenir attention et présence. Le corps apprend à souffrir pour ne pas être seul. Non par manipulation consciente, mais par une stratégie automatique forgée dans l'enfance.
La personne blessée par l'abandon tend à choisir des partenaires peu disponibles — rejouer la même histoire, mais avec l'espoir inconscient de finir par obtenir la présence qui a manqué.
Le travail thérapeutique
L'EMDR ne supprime pas le besoin de lien — profondément humain. Il retraite les expériences spécifiques qui ont ancré la conviction "je serai toujours seul(e)".
Nous remontons aux souvenirs précis où vous avez ressenti cette absence : un parent qui ne vient pas, une maladie qui isole, un déménagement brutal. Des moments parfois minimisés — "c'était rien" — mais qui ont laissé une empreinte profonde.
La stimulation bilatérale permet au cerveau de digérer ces mémoires. Ce qui était resté figé — la détresse de l'enfant qui attendait — peut enfin être intégré et déposé.
La croyance cible vise l'autonomie intérieure : "je suis capable de me soutenir moi-même", "je peux être seul(e) sans être en danger", "je mérite une présence stable". Le lien avec les autres se réorganise à partir d'une base plus sûre.
Progressivement, la panique face au silence de l'autre diminue. Vous pouvez commencer à rester seul(e) sans vous dissoudre, et à choisir des présences qui nourrissent plutôt que de vous accrocher à celles qui manquent.
La thérapie
Découvrez en détail comment fonctionne la thérapie EMDR et pourquoi elle est particulièrement efficace pour traiter les blessures émotionnelles à leur racine.
Ce travail est pour vous si vous vous reconnaissez dans les blessures de Lise Bourbeau et souhaitez aller plus loin que la compréhension intellectuelle — en travaillant sur les expériences concrètes du passé qui les ont créées.
Une première séance permet d'identifier comment cette blessure opère dans votre vie et de décider ensemble du chemin à prendre. Aucun engagement au-delà de cette rencontre.
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